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La déviance positive ou l’art de laisser ses collaborateurs enfreindre les règles

Avril 2020. Alors que la pandémie de Covid bat son plein avec la panique qu’on connait, le personnel hospitalier se met à utiliser le masque de plongée Decathlon EasyBreath pour se protéger du virus. En 17 jours seulement, un consortium de chercheurs, d’industriels, de médecins et de bénévoles réussit à transformer un accessoire de vacancier en outil technologique de santé. Cette innovation fulgurante n’aurait jamais été possible si on avait respecté toutes les règles, tous les process, toutes les normes en vigueur qui nous protègent en temps normal de l’aléa. C’est ce que l’on appelle la déviance positive.



Qu’est-ce que la déviance positive ?


Co-fondatrice de l’approche de la « Positive Deviance » depuis plus de 25 ans, Monique Sternin a appliqué sa méthode dans l’humanitaire auprès des Nations Unies et d’ONG. Voici sa définition :


« Dans toute organisation - communauté ou entreprise - il y a quelques individus ou groupes qui, grâce à leurs comportements différents et efficaces, préviennent ou résolvent des problèmes dits insolubles tout en partageant les mêmes contraintes que leurs pairs. La démarche consiste à inviter toutes les parties prenantes à découvrir par elles-mêmes ces solutions comportementales locales, adaptées au contexte, immédiates et pérennes, puis à les diffuser par la pratique. »


Dit autrement, il s’agit de suivre une méthode non conventionnelle, voire carrément d’enfreindre sciemment une règle. Ça c’est la déviance. Elle est dite positive lorsque la déviance est motivée par une bonne intention et qu’elle débouche sur une amélioration de la situation.


C’est la condition sine qua non : vouloir faire le bien. Appliquée à l’entreprise, la déviance positive concerne les acteurs qui dérogent aux normes dans le but de bien faire leur travail. Ils poursuivent un objectif de réussite de leur mission, de bonification du fonctionnement de l’organisation. Le collaborateur qui agit en déviant positif ne souhaite pas faire vaciller le pouvoir dirigeant. Il n’est pas non plus motivé par un désir de contestation. La déviance positive n’évoque pas le pouvoir mais l’efficacité.


Quel intérêt pour l’entreprise ?


Les pratiques transgressives lorsqu’elles s’exercent dans un cadre de déviance positive témoignent d’une réappropriation du projet d’entreprise. Enfreindre une règle est-il systématiquement signe de déloyauté ? Un salarié qui s’affranchit d’une norme dans l’intérêt supérieur de l’entreprise ne témoigne-t-il pas d’un attachement à son organisation encore plus fort ?


Au-delà des enjeux de loyauté, lorsque la déviance positive opère, des mécanismes de création de valeur s’enclenchent.

Le sociologue français Norbert Alter a démontré que la déviance positive est moteur de l’innovation ordinaire. En entreprise, les innovations sont introduites la plupart du temps dans une mécanique verticale du management vers les salariés. La déviance positive renverse le schéma. Elle propose une remontée de l’innovation et une diffusion plus horizontale basée sur la créativité individuelle et actionnée par l’intelligence collective.


Comment encourager la déviance positive dans ses équipes ?


Dans son ouvrage intitulé La gestion du désordre en entreprise, Alter propose « d’autoriser les fonctionnements informels et la participation spontanée », de tous les collaborateurs. Le sociologue en appelle à une « démocratie » organisationnelle, où la différence et le conflit ne sont pas bannis mais accueillis, assumés.


La déviance positive peut alors devenir un acte managérial à part entière, encadré et encouragé. Comment ?


  • Fonder son management sur un climat de confiance, d'écoute, d'entraide et de bienveillance, où la performance dans l’épanouissement de tous est encouragée.

  • Exprimer textuellement aux collaborateurs votre tolérance à la transgression de certaines règles.

  • Stimuler la créativité des collaborateurs.

  • Surveiller et repérer les pratiques dérogatoires et encadrer leur analyse.


Pour encourager la créativité, l’intelligence collective et la réappropriation du projet d’entreprise, découvrez la méthode Happiness Performance de Sociacom.


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