Pourquoi les programmes industriels ne dérapent (presque) jamais à cause de la technologie ?
- Sociacom

- 21 mai
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Dernière mise à jour : 27 mai
On continue trop souvent à expliquer les dérapages des grands programmes industriels par la technologie.
C’est confortable. Et largement faux.
La technologie n'est qu'un moyen. Le vrai sujet, c'est l'alignement stratégique.
Avant même de parler d’outils, une question doit être tranchée au plus haut niveau :
Quelle est la vision de l’entreprise ?
Pourquoi engage-t-on cette transformation ?
Quelle valeur concrète veut-on générer et comment va-t-on la mesurer ?
Sans réponse claire à ces questions, aucun projet ne peut tenir dans la durée.
C’est là que les KVI (Key Value Indicators) prennent tout leur sens.
Pas pour piloter l’exécution, mais pour confirmer que l'on tient le cap, que les décisions prises produisent réellement la valeur attendue.
Ensuite vient un écueil classique :
Tout le monde “va dans la même direction”… mais chacun dans son propre bateau.
Chaque périmètre optimise localement, chaque équipe interprète le cap à sa façon.
Résultat : des trajectoires divergentes, des efforts sincères, mais une destination commune jamais atteinte.
L'alignement ne se décrète pas, il s'organise.
Et bien sûr, aucune transformation ne tient sans une conduite du changement exigeante et continue.
Pas cosmétique. Pas tardive.
Une conduite du changement intégrée dès le départ, pensée comme un levier de performance, pas comme un lot annexe.
Mais le point le plus sous-estimé reste souvent celui-ci :
Le rôle du sponsor.
Trop souvent, un dirigeant fixe une direction, lance le programme… puis passe au sujet suivant.
Or un projet stratégique n’a pas besoin d’un annonceur.
Il a besoin d’un capitaine.
Tenir la barre, c’est :
prendre des décisions difficiles quand les arbitrages deviennent inconfortables,
assumer les choix structurants en cours de route,
protéger le cap face aux pressions court-terme,
et, à la fin, reconnaître l’engagement des équipes.
Le leadership d’un sponsor ne se mesure pas au lancement du projet. Il se vit de la stratégie au dernier jour.
La technologie, elle, fera ce qu’on lui demande.
Encore faut-il savoir où l'on va, pourquoi, et qui tient réellement la barre.



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